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Lettre ouverte à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale

General, Politique intérieure

Le Président de la République part en guerre contre les fraudes sociales sur le thème, notamment des abus sur les arrêts maladie : « Nicolas Sarkozy a déclaré mardi que « voler la Sécurité sociale, c’est trahir la confiance de tous les Français ». « La fraude, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la fraude qui mine les fondements mêmes de (la) République sociale » voulue au sortir de la Résistance en 1945, a déclaré le chef de l’État. Ajoutant sans honte « Frauder, que dis-je, voler, voler la Sécurité sociale (…), c’est porter un coup terrible à la belle idée nécessaire de solidarité nationale ».

Et la démanteler, c’est quoi ? Ce n’est sûrement pas être fidèle à l’esprit du Programme du Conseil National de la Résistance ! Ce que son ami Kessler confirme :  « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. [...] Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie « …   »Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du conseil national de la résistance ». (1).

Puisse que le président de la République invoque le programme du Conseil national de la résistance il devrait se souvenir (ou apprendre) que ce programme prévoyait notamment :
1. l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français…
2. L’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi…

Sur le plan économique :
3. l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’élection des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.
4. Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général est affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des états fascistes.
5. Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances des grandes banques.
6. Le droit d’accès dans le cadre de l’entreprise aux fonctions de direction et d’administration pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

Sur le plan social :
7. rajustement important de salaire et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine.
8. La reconstitution, dans ces libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale.
9. Un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État.
10. La sécurité de l’emploi…

Au lieu de cela : c’est le démantèlement de la sécurité sociale qui n’est plus gérée depuis longtemps par les intéressés, l’injustice permanente, tous les citoyens ne sont pas égaux devant la justice, c’est la privatisation des entreprises d’énergie et des banques, etc…
On se demande bien qui trahit l’esprit et la lettre programme du CNR ?
Votre objectif est bien le démantèlement de la Sécu. Et la fraude aux arrêts maladie un prétexte. Pour cela il utilise une veille rengaine des opposants à la création de la Sécurité Sociale telle la chambre de commerce de Paris qui le 10 novembre 1948 éructait : les travailleurs ont profité de traitements dont ils n’avaient peut-être pas un besoin certain, la moindre maladie a été le prétexte de repos. L’absentéisme s’est développé.

Soixante-trois ans plus tard, le discours n’a pas changé. Alors qu’en réalité de très nombreux salariés dont l’état de santé nécessiterait un arrêt de travail ne s’arrêtent pas par crainte de perdre leur emploi ! Peut vous importe qu’environ 400 salariés par an se suicident au travail ! Parce que les gouvernants ont mis 90 ans à interdire l’amiante, il y a des milliers de morts par an par cancer dû à l’amiante. Peu vous importe que les Troubles musculo-squelettiques (TMS) soient la première cause de maladie professionnelle en France ! C’est vrai que les parlementaires ne risquent pas les TMS… Les parlementaires godillots (comme on disait sous le Général de Gaulle) peuvent donc, sans douleur et sans honte, lever le bras pour voter en pleine nuit un amendement ajoutant un quatrième jour de carence pour le privé et introduisant 1 jour pour les fonctionnaires (pour commencer) et cela par 51 voix pour et 16 contre, soit 66 députés présents ! Mais où étaient les autres ? Ils fraudaient ? Quelles sanctions encourent-ils ?

Peut-être qu’ils étaient en train de s’occuper de ceux qui pratiquent la fraude fiscale qui coûte quelque 50 milliards par an au budget de l’État ? Ou des banquiers véreux pour qui vous avez aggravé l’endettement de la France en mobilisant des sommes énormes ?

Bonjour la démocratie : 66 députés sur 577 soit 11% qui siègent, comment pouvez-vous prétendre qu’elle représente le Peuple ? De plus l’Assemblée n’est pas élue au scrutin proportionnel, votre décision n’est donc pas légitime et doit être annulée.

« Il ne faut point faire qu’il (le peuple) convienne aux lois, il vaut mieux faire en sorte que les lois lui conviennent ». « Celui qui n’est pas élu immédiatement par le peuple ne le représente pas. Lorsque je parle de la représentation du peuple, je n’entends point que sa souveraineté soit représentée ; on délibère simplement à sa place, et le peuple refuse ou il accepte « . Saint-Just (2).

Michel Cialdella (citoyen en colère)

6, rue Joseph Bertoin 38600 Fontaine

Monsieur Bernard Accoyer
Président de l’Assemblée
bernard.accoyer@wanadoo.fr

1. Chalenges, du 4 octobre 2004.
2. Saint-Just; discours et rapport présentés par Albert Soboul; Editions sociales; 1988.


2 Réponses pour “Lettre ouverte à Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale”

  1. Gilbert SOULET — 26 novembre 2011 @ 06:55

    Bonjour,

    Tiens ce 25 novembre est prémonitoire pour le citoyen engagé que je suis;
    Je le mets à profit pour ajouter mon grain de sel :

    La Sécurité Sociale est un DROIT pour TOUS, garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (Article 22)!
    Et nous constatons l’engrenage infernal :
    Déremboursement progressif de tous les médicaments et libéralisation de leurs prix!
    Amicalement,

    Gilbert de Pertuis, Porte du Luberon (25-11-1939)

  2. Mark — 7 décembre 2011 @ 05:29

    La Sécurité Sociale est un DROIT pour TOUS, garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (Article 22)!
    Et nous constatons l’engrenage infernal :
    Déremboursement progressif de tous les médicaments et libéralisation de leurs prix!
    Amicalement,

    +1

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