William Eugene Smith (1918-1978), photographe américain, reste un modèle pour tous ceux qui estiment que la photographie (technologie de l’instant figé) permet de témoigner du monde et de ses évolutions.
Photographe engagé, il a toujours utilisé son appareil photo pour mettre en lumière ceux dont on parlait peu – un médecin de campagne du Colorado (le docteur Ciriani), une sage-femme de la communauté noire de Caroline du Sud (Maud Callen), Albert Schweitzer dans son hôpital de Lambaréné – mais qui étaient de véritables héros du quotidien. Le monde ouvrier l’a également mobilisé. Ses portraits de mineurs gallois et ses images d’ouvriers sidérurgistes de Pittsburgh publiés dans Life magazine ont rendu hommage à une classe ouvrière souvent négligée par les médias US. Autre sujet (inspiré peut-être par le documentaire de Luis Buñuel (1933) ˝Las Hurdes˝ ou ˝Tierra sin Pan˝), un petit village d’Extremadura (Deleitosa), village du tiers-monde en 1951. Et, pour finir, le plaidoyer en faveur des victimes de la pollution au mercure de la petite ville japonaise de Minamata.

Pourquoi vous proposer, ici, ce court résumé de l’œuvre de W. E. Smith? Pour vous inciter à visiter les expositions qui présentent ses instantanés (le plus souvent dans un format image de 20×30 cm qui craît une véritable intimité avec le sujet photographié), comme actuellement à Zaragoza (Lonja, jusqu’au 21 janvier 2010). Ou pour vous précipiter dans une librairie et découvrir le travail de ce géant de l’image argentique.
Jacques Valat (Créateur/Administrateur de “La lettre ouverte“)