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Autre son de pioche

Géopolitique

Comme tous ceux qui ont plus de 40 ans, je me souviens avec précision de la chute du mur de Berlin. J’avais pensé sauter dans un train pour rendre compte en images de l’événement puis, face à la sur médiatisation des premiers coups de pioches sur le béton, j’avais abandonné l’idée.

Bien sûr, j’avais été ému par le spectacle des familles allemandes qui se retrouvaient après 28 années de séparation. J’avais surtout cru que la fin de la guerre froide mettrait un terme aux nombreux conflits idéologiques qu’armaient les deux blocs en Asie, Afrique et Amérique du Sud. Pendant 45 ans, les peuples du Monde se sont massacrés pour l’une ou l’autre des super-puissances, vingt ans plus tard, l’Europe n’a pas complètement digéré l’explosion de barbarie yougoslave, l’Afrique poursuit ses massacres ethniques et des fondamentalistes religieux de tous bords terrorisent l’Asie.

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Alors que, pendant près de 45 ans, les deux idéologies avançaient avec mesure leurs pions sur l’échiquier planétaire, la mise en échec de l’un des deux joueurs a laissé l’autre sans garde-fou.

Les oligarques russes ont vidé les caisses de l’ancien empire soviétique pour s’offrir des yachts de milliardaires, les Chinois n’ont plus rien de rouge et le capitalisme d’affaire (en un click) s’est virtualisé pour basculer dans un capitalisme financier qu’aucune politique ne peut contrôler.

Alors tant de faste pour célébrer un événement qui, certes, a réunifié l’Europe, mais conduit l’économie mondiale dans une impasse, me semble démesuré.

Seuls propos différents, au milieu de discours célébrant la chute du communisme (frissons), un groupe d’allemandes de l’Est témoigne de l’évolution de leur existence dans ˝Là-bas si j’y suis˝ du 9 novembre. À écouter sans faute. Edifiant.

Jacques Valat (Créateur/Administrateur de “La lettre ouverte“)


Une Réponse pour “Autre son de pioche”

  1. Martine Réau-Gensollen — 17 novembre 2009 @ 18:41

    Ce jour anniversaire de la chute du mur, j’ai préféré mettre en exergue (sur mon blog) la chaîne humaine qui relia, du nord au sud, sur plus de 600 km, les états baltes de Lettonie, Lituanie et Estonie qui revendiquaient leur droit à l’autonomie…
    Deux mois avant l’effondrement du mur de Berlin, le 23 Août 1989, bien loin derrière le rideau de fer, deux millions de Lettons, Lituaniens et Estoniens se sont tenus la main le long des autoroutes qui reliaient leurs pays, manifestant massivement leur désir d’indépendance nationale. Cette chaîne humaine s’est étendue sur plus de 600 km de Tallinn, au Nord de l’Estonie, jusqu’à Vilnius, au Sud de la Lituanie, en passant par Riga, capitale de la Lettonie.

    Ils l’ont appelée la « Voie Balte ».

    Tout comme le mur de Berlin, la Voie Balte a eu un sens très fort, dépassant de loin les kilomètres qu’elle a géographiquement couverts. La chute du mur de Berlin en Novembre 1989 apporta une conclusion fracassante à l’année qui abattit le rideau de fer et démantela l’influence soviétique en Europe centrale et orientale.
    Qui en France a entendu parler de cette fameuse « Voie Balte » ?
    Martine Réau-Gensollen

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